- La direction du CHUQ souhaite apporter des précisions au sujet du projet d’agrandissement et de rénovation de L’Hôtel-Dieu de Québec en référence à une série d’articles publiés dans le quotidien Le Soleil depuis la fin du mois d’octobre.
Le projet d’agrandissement et de rénovation de L’Hôtel-Dieu de Québec (L’HDQ) a pour principal objectif de répondre aux besoins croissants des personnes souffrant notamment de maladies rénales et du cancer dans la région de Québec et tout l’est du Québec. En effet, les diverses études réalisées ont démontré l’ampleur de ces besoins et l’importance d’y apporter une réponse immobilière dans les meilleurs délais. Le projet vise donc à faire de L’HDQ un hôpital du futur, avec des aménagements et des équipements à la fine pointe de la technologie, répondant aux plus hauts standards et aux meilleures pratiques, et ce, au bénéfice des milliers de patients qui y sont soignés annuellement. Ce projet est d’ailleurs en conformité avec la réorganisation des services médicaux régionaux établie en 2002.
Créer un milieu guérissant unique L’agrandissement de L’HDQ, le plus vieil hôpital en Amérique du Nord, dans un lieu historique reconnu par l’UNESCO, représente un investissement précieux pour les générations futures. Considérant l’ensemble des aspects cliniques, économiques, patrimoniaux et d’intégration urbaine, le choix d’agrandir l’hôpital sur le site actuel apparaît la meilleure solution possible. Comme le projet touche seulement quatre de la vingtaine d’édifices formant L’HDQ, un éventuel déménagement impliquerait des dépenses considérables pour construire des installations équivalentes, notamment en radio-oncologie. Les coûts d’entretien des édifices laissés vacants ainsi que leur reconversion sont aussi en prendre en compte, de même que le vide que créerait le départ de l’hôpital et de ses 2 000 employés qui animent, vitalisent et dynamisent économiquement le Vieux-Québec. Ce site d’exception offre tout un potentiel pour développer un centre hospitalier qui créera un milieu guérissant unique. Ses vues spectaculaires sur la ville et vers le fleuve font l’envie de tous, ce qui en fait un lieu propice à développer un projet de grande valeur pour la clientèle. Une chose est certaine, l’option de construire un nouvel hôpital à la jonction d’autoroutes, sous prétexte d’améliorer l’accès automobile à un parc de stationnement, n’offrira jamais ce potentiel inestimable que possède le site de L’Hôtel-Dieu de Québec à créer un milieu propice à la guérison.
Par ailleurs, le CHUQ a le devoir d’assurer la qualité, la sécurité et la continuité des soins pendant la réalisation du projet. Certains scénarios évoqués dans la série d’articles, comme celui de la démolition de la tour, viendraient donc porter préjudice à la clientèle de l’hôpital et auraient un impact considérable sur tout le réseau de la santé et des services sociaux de la région.
Intégrer efficience des soins et respect du patrimoine Sur le plan architectural, il est important de préciser que la volumétrie négociée en 2007, notamment avec le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine (MCCCF), la Ville de Québec et les représentants des citoyennes et des citoyens, dont le Comité des citoyens du Vieux-Québec, ne tenait pas compte de la rénovation des étages 5 à 13 de la tour principale, puisqu’elle n’était pas incluse au projet déposé par le CHUQ à l’époque. Cet aspect des travaux a été autorisé par le ministère de la Santé et des Services sociaux en juillet 2008.
L’équipe du CHUQ s’est alors remise à la tâche en fonction de cette nouvelle donne afin d’en arriver à une configuration optimale des unités de soins tout en répondant aux nouvelles normes parasismiques qui ont commandé la rénovation des étages 5 à 13 de l’Aile 500. C’est ainsi qu’un scénario relatif à une augmentation de la volumétrie a été élaboré et présenté au lieu de mémoire des Augustines, au MCCCF et à la Ville de Québec en tant que document de consultation. Ce scénario n’est pas lié à un manque d’espace, comme certains pourraient le croire, mais à une recherche de configuration optimale des unités de soins.
Cette démarche s’inscrit dans la même logique que celle qui a présidé à l’élaboration de la volumétrie acceptée en 2007. Cette dernière résulte d’un consensus obtenu auprès de tous les partenaires impliqués et concernés après avoir examiné une vingtaine de scénarios possibles. Le scénario présenté au début de cette année n’en était donc qu’au début de ce processus de consultation et sa divulgation publique prématurée a certainement dû froisser les représentants des groupes ou organismes qui n’avaient pas encore été consultés, nommément le Comité des citoyens du Vieux-Québec, le Conseil de quartier Vieux-Québec–Cap-Blanc–colline Parlementaire ainsi que les autres membres de notre comité de bon voisinage que nous aurions évidemment rencontrés. Dans ce processus, le CHUQ a donc maintenu le cap en ce qui a trait à sa philosophie de transparence et de participation du milieu au développement du projet.
Cela dit, il faut clore le chapitre de cette hypothèse de travail en précisant qu’elle représentait une augmentation de volume de la tour de 14 % et non de 25 %, comme l'affirmait Le Soleil. Plus précisément, il s’agissait de surélever une partie de bâtiment déjà existante, sans occupation additionnelle de terrain. Par rapport à l'ensemble du projet, cette surface représente 5 % des superficies totales. Cette modification à la volumétrie ne devait pas occasionner de coûts supplémentaires puisque d’autres aménagements ne sont plus requis par le projet, notamment celui d’un deuxième tunnel entre la rue De St-Vallier et le cœur de l'hôpital ainsi que celui d’une salle de mécanique en 2e sous-sol, des aménagements qui auraient requis des opérations d’excavation, par définition très onéreuses.
Le CHUQ fier de son héritage En ce qui concerne le caractère patrimonial et historique du quartier dont fait partie L’HDQ, le CHUQ soutient le lieu de mémoire des Augustines avec qui il collabore étroitement afin d’harmoniser et coordonner deux projets intimement liés par l’histoire et la vocation. Déjà, le CHUQ a convenu d’aménagements pour faciliter la réalisation du projet des Augustines. De plus, la reconnaissance du Vieux-Québec par l’UNESCO en tant que site du patrimoine mondial fait aussi partie de la fierté du CHUQ et demeure une constante préoccupation pour l’organisation.
En maintenant un hôpital vivant dans le quartier historique, le projet contribuera à préserver cet aspect du patrimoine du Vieux-Québec. Faut-il encore rappeler que L’HDQ maintient ses activités sur le même lieu depuis 1639? Le projet permettra également d’embellir les environs et de régler quelques irritants en rendant possible la reconstitution de la porte de la côte du Palais, le déplacement du débarcadère et la déconcentration des accès pour certaines clientèles afin d’augmenter la fluidité de la circulation.
La présence de L’HDQ dans le Vieux-Québec permet non seulement de desservir la clientèle locale et régionale, mais aussi la clientèle touristique. Le projet favorisera aussi l’implantation de 80 nouvelles places de garderie dans le quartier, disponibles pour les employés, mais également pour les résidents et les commerçants.
Pour une intégration respectueuse En tant que citoyen institutionnel, le CHUQ souhaite faire de ce projet un exemple d’intégration urbaine, comme il l’a fait pour le Centre de recherche clinique et évaluative en oncologie en 2006, lequel a remporté plusieurs prix, dont un Mérite d’architecture de la Ville de Québec. C’est pourquoi le CHUQ respectera les avis du MCCCF et de la Ville de Québec relatifs à l’augmentation de la volumétrie de la tour. Ces instances lui ont d’ailleurs fait savoir la semaine dernière qu’il est préférable de s’en tenir à la volumétrie acceptée en 2007.
Quoi qu’il en soit, le projet du CHUQ est bel et bien vivant et avance rondement. La sélection des professionnels en architecture et en ingénierie du volet 2, soit l’agrandissement et la rénovation du cœur de l’hôpital, est en cours, l’appel d’offres étant clos depuis le 8 novembre. Les résultats devraient être connus d’ici janvier. En attendant, les équipes de projet du CHUQ peaufinent le cadre sur lequel elles auront à travailler de concert avec les professionnels. Ainsi, le CHUQ souhaite doter la ville de Québec et la région de la Capitale-Nationale d’un environnement guérissant digne d’un grand CHU du XXIe siècle, et ce, au cœur d’un site du patrimoine mondial qui fait sa fierté.
2011-11-15 Article paru dans le CHUQ en action du 16 novembre 2011
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