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- Le Dr Michel G. Bergeron caresse le rêve de « graver » sur un disque compact un laboratoire qui effectuerait, en un tournemain, l'identification d'un micro-organisme infectieux. Dans l'imagination du chercheur du Centre de recherche du CHUQ (CRCHUQ), le système exécuterait, de façon automatisée, à partir d'un échantillon biologique du patient, l’extraction, la purification et l’amplification de l’ADN du microbe, puis son identification sur biopuces. Les réactifs nécessaires à la réalisation de chaque étape seraient contenus dans des microchambres du disque, reliées par de minuscules canaux. Le moteur du lecteur, qui ferait office de centrifugeuse, faciliterait également la circulation des fluides d’un compartiment à l’autre. Il semble bien que ce rêve puisse bientôt devenir réalité.
Pour traiter correctement une infection, il faut savoir à quel microorganisme on a affaire. Or, les méthodes actuelles, qui reposent encore sur la mise en culture de l'agent infectieux, nécessitent bien souvent un minimum de 48 heures avant de livrer l'identité du coupable. Ainsi, le Dr Michel Bergeron et ses collaborateurs du Centre de recherche en infectiologie misent depuis quelques années sur l’analyse de segments d’ADN pour coller un nom de microbes à une infection. L’idée a fait son chemin puisque cinq tests diagnostiques permettant d’obtenir un résultat en moins d’une heure sont maintenant sur le marché.
Le disque laboratoire constitue l’étape suivante de cette démarche qui vise à rapprocher le diagnostic microbiologique du terrain. Un tel outil pourrait un jour se trouver dans le cabinet du médecin, qui serait alors en mesure de prescrire un traitement visant l'agent infectieux responsable des ennuis de son patient. Il pourrait également s'avérer très utile dans les infirmeries des régions éloignées ou dans les pays en voie de développement où les laboratoires d’infectiologie sont rares.
Un rêve tout ça ? Pas autant qu'il n'y paraît si l’on en croit les évaluateurs des National Institutes of Health (NIH) des États-Unis qui viennent d'accorder 4,3 M$ au professeur Bergeron pour l'aider à concrétiser ce projet.
Grâce à cette somme, le Dr Bergeron et ses collaborateurs Guy Boivin, également du CRCHUQ, et Toedor Veres de la Faculté de médecine, et Denis Boudreau du Département de chimie de l’Université Laval, ainsi que Marc Madou, de l'Université de la Californie, tenteront de mettre au point un disque laboratoire qui cible les 17 virus responsables des principales infections respiratoires. De ce nombre, mentionnons les virus de l'influenza A et B, de la grippe aviaire et de la grippe porcine. Si l'échéancier est respecté, l'efficacité de ce disque aura été démontrée d'ici 2015 et les premières étapes de sa mise en marché débuteront dans les deux années subséquentes, prévoient les chercheurs.
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