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Grâce au clone moléculaire du VIH qu'ils ont développé, des chercheurs répondent à des questions sur le sida restées en suspens depuis 30 ans

- Des chercheurs du Centre de recherche du CHU de Québec et de la Faculté de médecine de l'Université Laval annoncent, dans un récent numéro de PLoS Pathogens, avoir mis au point un clone moléculaire du virus d'immunodéfience humaine (VIH). Ce clone leur a permis de répondre à de nombreuses questions restées en suspens même après 30 années de recherche sur le sida.

En effet, grâce à lui, ils sont parvenus à isoler des cellules hôtes dans lesquelles le virus se multiplie activement. Ils ont aussi pu caractériser ce qui rend ces cellules propices à la prolifération du virus et à déterminer quels gènes de la cellule hôte sont exprimés différemment lorsque le virus se multiplie.

Pour ce faire, Michaël Imbeault, Katia Giguère, Michel Ouellet et Michel J. Tremblay, du Centre de recherche du CHU de Québec, se sont penchés sur la cible de prédilection du VIH, les lymphocytes T auxiliaires. Ces globules blancs, qui jouent un rôle de supervision de la réponse immunitaire de l'organisme, constituent le principal réservoir du VIH dans le sang. Leur destruction progressive ouvre d'ailleurs la porte aux infections opportunistes caractéristiques du sida.

Les chercheurs savaient déjà que le VIH se multiplie uniquement dans une fraction de tous les lymphocytes T auxiliaires. « On soupçonnait l'existence de sous-populations parmi ces cellules, dont certaines offrent des conditions plus favorables que les autres à la multiplication du virus, explique Michel J. Tremblay. La chose n'avait jamais été démontrée parce qu'il n'existait pas de façon d'isoler les cellules dans lesquelles le virus se reproduit activement des autres cellules dans lesquelles il est latent. » 

Pour résoudre ce problème, l'équipe du professeur Tremblay a créé un clone du VIH en ajoutant un gène rapporteur aux neuf gènes qui forment son génome. « Il s'agit d'un gène de souris codant pour une protéine qui se trouve à la surface des cellules hôtes, précise le chercheur. Cette protéine est comme un drapeau qui nous indique que le virus se multiplie à l'intérieur. »

Les expériences menées à l'aide de ce clone ont permis d'établir le profil de la sous-population de lymphocytes humains dans lesquels il y a réplication active du VIH. Les chercheurs ont aussi été en mesure de comparer l'expression des gènes dans les cellules hôtes où le virus prolifère avec celle des cellules où il est latent. « Ces informations pourraient servir à mettre au point de nouvelles thérapies reposant sur la destruction ciblée de cellules où l'expression de certains gènes est modifiée », souligne le professeur Tremblay.

Le chercheur n'entend pas garder ce clone viral à l'usage exclusif de son laboratoire. D'ailleurs, depuis la parution de l'article dans PLoS Pathogens, différents laboratoires ont communiqué avec lui afin d'obtenir ce virus modifié. « Ça me fait plaisir de leur fournir cet outil, dit-il. C'est de cette façon que la science progresse. »

Source : Jean Hamann, Le fil, volume 48, numéro 54, octobre 2012


2012-10-15
Article paru dans le CHU de Québec en action du 17 octobre 2012

 

 

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