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- Le CHUQ fait une mise au point importante sur un article de l’édition d’automne 2010 du magazine Continuité portant sur le projet d’agrandissement et de rénovation de L’Hôtel-Dieu de Québec.
Lettre expédiée à la rédactrice en chef
Madame,
Nous avons lu avec grand intérêt l’article Le défi de l’équilibre, signé par M. Frédéric Denoncourt et paru dans la livraison du magazine Continuité de l’automne 2010. Sans vouloir nous engager dans un débat de fonds avec les experts cités dans l’article, il convient toutefois de corriger et de nuancer certaines informations et affirmations. À notre avis, ces dernières tiennent essentiellement d’une méconnaissance du projet d’agrandissement et de rénovation de L’Hôtel-Dieu de Québec. L’auteur aurait pu s’en épargner s’il avait pris la peine de nous contacter.
Tout d’abord, une correction majeure s’impose en ce qui a trait à l’envergure du projet et de sa perception. Nous avons été stupéfaits de lire que nous « explosons » purement et simplement notre capacité d’accueil en ajoutant 300 lits supplémentaires aux 257 existants. Rappelons simplement que le projet accepté par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) comptera 303 lits, soit une augmentation de 46 lits par rapport à sa capacité actuelle. Nous sommes donc aux antipodes de doubler notre capacité d’accueil et, par conséquent, le personnel requis pour dispenser les soins et les services : les impacts en sont par conséquent autrement moindres que ce que l’article laisse supposer. Notre projet consiste principalement en la rénovation de l’hôpital, en transformant des chambres multiples en chambres simples, et ce, pour la sécurité et le confort des patients.
En outre, nous voyons mal comment nous pouvons « vampiriser » le tissu urbain. Les lots que nous occuperons ont déjà, ou ont déjà eu, des usages institutionnels ou commerciaux. Nous maintiendrons en place et rénoverons les immeubles sains et ne démolirons que ceux qui sont totalement vétustes et qui représentent un danger public.
Ni Dieu, ni maître!
En ce qui concerne notre « emprise » sur le Vieux-Québec, précisons que le CHUQ doit composer avec le cadre réglementaire qui régit tout projet d’envergure dans un secteur aussi particulier que celui du Vieux-Québec, classé arrondissement historique, par décrets du gouvernement du Québec (1963 et 1964) et site du patrimoine mondial de l’UNESCO (1985). La Ville de Québec, le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine (MCCCF), la Commission d’urbanisme, la Commission des biens culturels, la Commission de la capitale nationale du Québec ont été interpellés et appelés à se commettre dans le développement du projet.
Faut-il rappeler que la volumétrie du projet a fait l’objet de longues négociations entre le CHUQ, la Ville de Québec, le MCCCF et quelques autres partenaires avant d’être autorisée de la main même de la ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Mme Christine St-Pierre? C’est ainsi que la capacité d’accueil du projet initial a été réduite de 350 à 303 lits.
Toujours dans le registre des partenariats, mentionnons que le CHUQ a mis sur pied plusieurs comités mixtes pour faciliter l’intégration du projet dans son environnement si particulier : comité permanent avec la Ville de Québec, comité d’harmonisation avec le projet de Site de mémoire des Augustines et comité tripartite avec le MCCCF et la Ville de Québec sur l’intégration architecturale.
De plus, un peu avant la tenue des États généraux du Vieux-Québec, auquel nous avons participé, le CHUQ a invité résidants, commerçants et représentants des institutions à joindre un comité de bon voisinage qui verra au suivi du projet en regard du maintien de la qualité de vie et de commerce de l’ensemble de celles et ceux qui animent le Vieux-Québec à titre de résidants, commerçants, travailleurs ou visiteurs. Le conseil de quartier Vieux-Québec-Cap Blanc-colline-Parlementaire, le comité de citoyens du Vieux-Québec, l’École d’architecture de l’Université Laval, le Séminaire de Québec, le Petit Séminaire de Québec, l’Association des gens d’affaires de la rue Saint-Jean du Vieux-Québec, la Chambre de commerce de Québec, les syndicats de copropriétés de la rue de Saint-Vallier ont accepté d’y participer.
Compte tenu de ce qui précède, il nous apparaît donc péremptoire d’affirmer que le CHUQ se conduit en Dieu et maître dans le Vieux-Québec.
L’emprise du CHUQ
Pour ce qui est de notre expansion vers le secteur des Glacis, soit notre volonté d’acquérir l’école Saint-Louis-de-Gonzague et l’acquisition du Foyer Nazareth, elles répondent à une contrainte imposée par la décision ministérielle de procéder simultanément à la construction de l’agrandissement et à la rénovation et à la mise aux normes parasismiques du cœur de l’actuel hôpital. L’acquisition de ces édifices nous permettra de réduire de quatre ans notre échéancier des travaux sans réduire les services à nos patients, de mieux répartir la circulation, de nous doter d’une marge de manœuvre en matière d’espace et de faciliter l’implantation d’une garderie dans le quartier.
Plus particulièrement, l’acquisition et l’aménagement de l’École Saint-Louis-de-Gonzague permettront de déménager rapidement certaines activités de néphrologie, notamment les services de dialyse ambulatoire, et de transférer certains services administratifs. Nous bénéficierons d’un bâtiment que nous pourrons aménager pour faire face aux besoins croissants de ces clientèles tout en en libérant des espaces dans le cœur de l’hôpital. La même logique s’applique à l’acquisition du Foyer Nazareth qui recevra les activités de l’hôtellerie oncologique, située actuellement au pavillon Carlton-Auger.
Quant aux craintes exprimées au sujet de la qualité architecturale du projet d’agrandissement et de rénovation de L’Hôtel-Dieu de Québec, nous sommes loin de la coupe aux lèvres. Les seuls éléments fiables à partir desquels nous pouvons aujourd’hui projeter une image du futur hôpital en sont la volumétrie autorisée et les critères d’intégration urbaines et architecturales propres au secteur du Vieux-Québec. Affirmer que le CHUQ pourrait répéter à sa guise ce que certains considèrent comme une erreur, soit la construction de la tour dans les années 50, tient du parti pris plutôt que de l’analyse raisonnée.
Nous avons prouvé, avec la reconversion de l’église Saint-Patrick et la réhabilitation du quadrilatère rue de l’Arsenal-côte du Palais-rue McMahon-rue Carleton pour y installer le Centre de recherche clinique et évaluative en oncologie (CRCEO), que, pour une institution créée en 1995, le CHUQ sait aussi dialoguer et prendre en compte le patrimoine matériel et immatériel dont fait partie L’Hôtel-Dieu de Québec, le plus vieil hôpital installé en Amérique du Nord. Cela nous a été reconnu par la population, qui nous a décerné un Mérite dans le cadre des Prix d’architecture de la Ville de Québec - catégorie institutionnelle pour la remarquable intégration du CRCEO à son environnement.
Cela étant dit, cette réplique à l’article du magazine Continuité se veut autant une mise au point qu’une invitation à nous faire part de vos préoccupations et de vos suggestions pour que nous puissions faciliter une intégration harmonieuse du projet d’agrandissement et de rénovation de L’Hôtel-Dieu de Québec à la vie et à l’âme du Vieux-Québec, et ce, afin de pérenniser l’œuvre immuable des Augustines.
Le directeur des communications, Richard Fournier, ARP
c. c. M. Frédéric Denoncourt, auteur de l’article.
2010-11-11 Article paru dans le CHUQ en action du 15 novembre 2010
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